« C’est tout de même incroyable de constater qu’on a passé la barre des 12000 lecteurs sans pondre la moindre chronique en plus de trois mois. » Ainsi s’exprimait Sébastien Gendron en comité de rédaction début janvier. Un comité qu’il avait lui-même provoqué, justement parce qu’il venait de se rendre compte que rien n’avait été fait sur le blog depuis un trimestre. Un comité qui s’acheva aussitôt qu’il eut constaté que malgré l’inactivité, on engrangeait tout de même les fréquentations. « Ok, on verra ça en février » nous dit-il en nous congédiant.
« C’est tout de même incroyable de constater qu’on a passé la barre des 12000 lecteurs sans pondre la moindre chronique en plus de trois mois. » Ainsi s’exprimait Sébastien Gendron en comité de rédaction début janvier. Un comité qu’il avait lui-même provoqué, justement parce qu’il venait de se rendre compte que rien n’avait été fait sur le blog depuis un trimestre. Un comité qui s’acheva aussitôt qu’il eut constaté que malgré l’inactivité, on engrangeait tout de même les fréquentations. « Ok, on verra ça en février » nous dit-il en nous congédiant.
Potentiel de la haine
Le Bloc de Jérôme Leroy
Potentiel des liaisons dangereuses
Monsieur le Commandant de Romain Slocombe
Potentiel du numéro 2
Schnock 2

On ne va pas vous mentir, le Labo est actuellement en rendement faible, un manque effroyable de SP sur nos paillasses sans doute, et des crédits en berne qui nous empêche de couvrir tout ce qui sort. Ca tombe plutôt bien d’ailleurs, puisque les éditions Baleine font une entrée en force avec trois romans solides et qu’ils ne sont pas bégueules, eux, en matière d’échantillons gratuits. Donc, ce coup-ci, c’est quasiment un spécial Baleine (et ça n’a rien d’un faillotage – oui, j’en entends déjà qui prétendent qu’on fait de la lèche parce que c’est l’éditeur du prochain roman du patron).
Cette semaine, nous vous proposons au menu des réjouissances, la ressorti d’un grand américain oublié, Julius Horwitz et son effroyable Natural enemies. Un jeune premier, bordelais mais il n’y peut rien, ça arrive à des gens très bien, Yvan Robin, avec un poème noir La disgrâce des noyés. Enfin, Nick Gardel qui publie un Poulpe d’excellente tenue dans une Alsace en désagrégation. Et pour finir sur LE bouquin le plus attendu de la rédaction en cette fin d’année : le dernier Tim Dorsey ou comment Serge A. Storm colle le bourbier à Miami. Pour le dessert, nous vous proposons la dernière activité non salariés de Sébastien Gendron qui se lance dans le podcast fabrication maison avec le premier épisode des Chroniques de la baignoire. Voilà, c’est à peu près tout. Comme quoi, même en bas régime, on ne chôme pas vraiment.
Potentiel du fusil en milieu familial
Natural enemies
de Julius Horwitz

Baleine excave un texte américain des années 70 qui pourrait bien (enfin) devenir culte. Ca faisait longtemps qu’on ne s’était fait avaler comme ça.
Qu’est-ce que Paul Stewart a fait de sa vie ? Il a fondé le magazine Scientific Man, revue de renommée grâce à laquelle il a consolidé quelques amitiés avec des pontes new-yorkais. Parallèlement, il a épousé Miriam, lui a fait trois enfants et ils se sont installés à West Riding, un bled de campagne. Depuis, leur vie est un enfer mou et gluant dont personne ne se rend compte. C’est pourquoi aujourd’hui, quand Paul se lève et qu’il part au travail, il décide qu’à son retour, il tuera toute sa famille d’une balle en pleine tête, le chien y compris, et qu’il se suicidera pour le compte.
On pourrait aisément tomber dans l’hyperbole pour parler de ce texte, on va donc tenter de museler les qualificatifs autant que possible. Natural enemies est un texte d’une rare étrangeté, littéralement coupé en deux comme l’est Paul Stewart : un directeur de publication brillant qui côtoie quelques éminentes personnalités du gotha new-yorkais ; un mari ancré dans la dépression de son épouse qui semble l’avoir contaminée. On comprend très vite que la décision qu’il a prise ce matin est irrévocable. Le roman est tragiquement écrit au présent, d’heure en heure. Cette cassure envenime la lecture. On est tour à tour bringuebaler entre le but de cette journée (Paul dit au revoir à son monde) et l’analyse qu’il fait lui-même de la situation de son couple et de sa famille. Les arguments s’affrontent si bien qu’il nous est possible de douter. Le suspens s’étend sur la totalité du texte. On découvre tour à tour un Paul assuré de la conclusion et un Paul qui doute. On espère que le doute l’emportera. Mais il y a aussi l’obsession.
Paul est un type littéralement obsédé. Une personnalité jusqu’au-boutiste. Hier soir, il a chargé le fusil Remington et l’a rangé dans un placard. Un placard que chacun des membres de sa famille peut ouvrir à tout moment. On découvre que depuis des semaines, il s’abreuve d’une littérature de faits divers sur les hommes qui assassinent leur famille avant d’avaler la dernière balle. Qu’il en parle autour de lui. Qu’il cherche des réponses à ce genre de comportement nihiliste. Qu’il ne les comprend pas. C’est à se demander jusqu’à quel point tout cela ne relèverait pas de l’expérience.
Et puis, il y a Miriam. Miriam qui n’est d’abord décrite que par les yeux de Paul. Folle à liée, il l’a faite enfermer dans un asile avant qu’elle ne rentre au domicile où depuis, ils font chambre à part. Miriam qui appelle Paul pendant cette journée et prend peu à peu la parole. Et l’on comprend alors sa situation qui n’est pas aussi claire que ça.
Natural enemies nous parle d’une quête d’amour. Aussi noir que soit le texte, il est plein d’une dramatique humanité. On passe par des passages d’une beauté presque étouffante au regard de ce que s’est promis de faire Paul. Et tout du long, on espère. Et cet espoir devient lancinant.
Natural enemies
Roman américain de Julius Horwitz
Traduit de l’anglais (USA) par Anne de Vogüé
Baleine noire – 285 pages – 2011
Potentiel du poème noir
La disgrâce des noyés
de Yvan Robin

Il n’y aucune raison pour que, comme sa frangine la blanche, la littérature noire n’aille pas flirter avec la prose poétique. C’est à cette expérience que nous convie Yvan Robin pour cette Ballade des pendus.
Naissance, vie et mort d’un homme qui, son existence durant, aura fait le choix de l’ombre. Histoires d’amour, de vengeance, de sang, le héros, petite frappe, demi sel puis exécuteur se lance dans une odyssée de gangster où l’on peut vieillir si l’on se cache et que l’on attend. Patiemment.
La disgrâce des noyés est avant toute chose un pari stylistique difficile à tenir et Yvan Robin s’en sort avec les honneurs. Le texte est découpé selon une mise en page stricte : une page par chapitre. A l’ancienne, c’est une sorte de geste derrière la prose de laquelle il faut chercher. Poème tragique, rien n’y est évidemment dit.
Mais l’on comprend. On suit. La plume est irréprochable, connaît ses classiques et Yvan Robin, compositeur à ses heures perdues, nous offre une espèce de concept album comme il s’en écrivait à la grande époque du rock progressif. On entend derrière de petites musiques comme si la vie de ce personnage était découpée en autant de pistes.
A travers ce récit, Robin nous fait toucher du doigt les possibilités infinies de la littérature noire et Baleine nous fait découvrir, une fois de plus, un auteur riche. On se demande, néanmoins, de quoi pourra être fait un second roman de cette main.
La disgrâce des noyés
Roman français de Yvan Robin
Baleine – 140 pages – 2011
Potentiel de la cloueuse pneumatique
Le Poulpe : Lâches déraisons
de Nick Gardel

Le Poulpe n°275 renoue avec la tradition du genre : social et régional. Mais même dans ses carcans originels, Gabriel Lecouvreur tombe entre les mains d’un auteur plutôt solide.
Edgar Ziegler vient de se percer l’occiput à la cloueuse pneumatique alors même que sa maison recèle d’une impressionnante collection d’armes à feu. Etrange situation à laquelle Gabriel Lecouvreur est convié pour comprendre ce qui a poussé ce type a autant d’excentricité morbide. Ses deux fils sont immédiatement dans le collimateur du Poulpe. Violents, les deux petits bandits ont déjà une belle réputation dans leur banlieue de Colmar. L’occasion pour le céphalopode d’aller déployer ses antennes dans cette région où, un peu mieux que partout ailleurs, la misère ronge inexorablement.
Avec Le Poulpe et ses auteurs, on n’est jamais à l’abris d’une surprise. Celle que Nick Gardel nous réserve tient d’abord dans le style de l’auteur. La plume est fleurie à souhait, les tournures humoristiques sous jacentes presque audiardesque, parfois le dialogue est un peu long et prime presque trop sur l’action. Mais l’ensemble a de la tenue.
Et puis, on en revient à ce qui fabrique Le Poulpe depuis sa naissance. Le traitement sociétal. Et pour ça, Gardel en a sous la pédale. La visite de la région alsacienne recèle de bien des drames, historiques et actuels. L’industrialisation périclitée, la masse chômeuse, la jeunesse à l’abandon, le HLM en guise de ligne d’horizon et les services sociaux débordés parce que lâchés par les autorités locales, tout y passe. L’importance du roman ne passe pas par son intrigue, enquête au long court quel que peu trouble, mais par son décryptage d’un état de fait. On en revient à la théorie de l’œuf et de la poule, qui du monde ou de l’homme à déclenché la violence.
Ce n°275 est donc un excellent cru, court mais complet et partant toujours d’un précepte normatif : à Paris, Gabriel Lecouvreur se fait chier, il est donc temps d’aller voir ailleurs.
Le Poulpe : Lâches déraisons
Roman français de Nick Gardel
Baleine – 156 pages – 2011
Potentiel du roman attendu
Cadillac beach
de Tim Dorsey

On vous le hurlerait bien mais on est en retard d’un mois et demi sur la livraison : le dernier Tim Dorsey, le retour de son héros Serge A. Storm, est enfin sorti. On vous le hurlerait bien si on n’était pas aussi triste de l’avoir déjà fini.
Le grand père de Serge A. Storm est mort. C’était il y a longtemps, en 1964, après un braquage à l’issue duquel il avait récupéré quelques diamants égarés. En 2010, Serge décide donc de mener l’enquête. Tout ça, en sillonnant Miami à bord d’une limousine à châssis long dans laquelle il propose une visite touriste très spéciale de la Floride trash. Comme à son habitude, Serge est tellement dingue que contraint forcé, ses camardes de jeu le suivent aveuglément.
Putain, ça faisait trois ans qu’une trop petite catégorie de lecteurs français attendait ça. Trop petite parce qu’hélas Tim Dorsey est méconnu en France. A telle enseigne que les éditions Rivages ne le publie désormais plus qu’en format de poche. Vous me direz, un livre reste un livre. Oui, soit, mais quand vous avez tenu entre vos mains le grand format de Triggerfish Twist ou de Orange Crush, vous savez ce que peut réellement peser cet écrivain absolument branque et son héros dangereusement semblable. C’est un peu comme de regarder l’incendie d’Atlanta d’Autant en emporte le vent sur le cadran d’un téléphone portable. J’exagère ? Bien entendu.
Inutile de revenir sur la personnalité de Serge A. Storm et de son auteur. On va se contenter de vous signaler les précédents articles du Labo (là et là). A savoir juste que les deux ont cette capacité énorme à renaître des cendres qu’ils engendrent à chaque opus. Dans ce Cadillac Beach, Dorsey s’attaque enfin à Miami, ce carton pâte à vedettes cocaïnes, bâtit en équilibre précaire sur une faille sociale constituée de riches retraités, de dangereux criminels et de Cubains attendant la mort de Castro pour rentrer au pays. Un Miami plus pourri encore qu’exploite Serge en roulant à fond de cale dans ses rues de pacotille au volant d’une limousine criblée de balles. Oui, Serge a décidé de mettre à profit sa science floridienne pour inventer un trash tour pour touristes bord cadre. Impossible de faire la liste complète des passagers de cette arche désastreuse, mais ils en prennent tous pour leur argent. Quand Serge tient un truc, il ne le lâche pas.
Cadillac Beach est un épisode important dans la publication éparse et achronologique des aventures de Serge A. Storm. Rivages a en effet demandé à Christophe Dupuis, éminent libraire de la région girondine et spécialiste du polar, d’en signer la préface. Pour ceux qui n’auraient pas encore trempé le bout de leur palme dans cette saga totalement dingue, c’est donc une excellente introduction, détaillée et fournie.
Cadillac Beach
Roman américain de Tim Dorsey
Rivages/Noir – 425 pages – 2011
Chroniques de la baignoire #1
Comment se laver les mains
Pour cette première, un panneau signalétique sur le lavage des mains en milieu entrepreneurial est à l'étude...

L’été fut dur, pluvieux, long parce que pluvieux et, étrangement handicapé par une puissante incapacité à la lecture. Aussi, la réunion de rédaction fut-elle en cette rentrée houleuse puisque pas un des laborantins n’avait fait son boulot. Donc ne comptez pas trouver ici un sommaire proportionnel au temps passé en vacances.
C’est à peu de chose près pour cette raison que nous nous insérons dans la rentrée littéraire en ne causant que de romans qui ont, au minimum plus de quatre mois. A savoir par mi ceux-ci le Sukkwan Island de David Vann, horrible bouquin à déconseiller fortement mais récit puissant. Une réédition des premières œuvres de Ken Bruen datant déjà de Mathusalem mais il faut qu’on change de collaborateurs. Et puisqu’on était dans les vieillures, on a aussi ressorti L’homme de Fer de Jim Thompson, histoire d’éclaircir une idée reçue. Tout ça pour finir par une galerie dédiée à l’antique franchouillard, le revue Schnock, talentueuse tentative de porter au pinacle une tradition française en perdition…
Potentiel du cadeau à risque
Sukkwan Island
de David Vann

Un premier roman, dix ans de rédaction et le prix Médicis étranger 2010, autant dire que le PetLab est, en cette rentrée littéraire 2011, totalement à coté de ses pompes et surtout très à la bourre pour parler de Sukkwan Island. Mais il faut dire que la digestion est difficile.
Jim est dépressif, au fond du trou, ses relations avec sa compagne sont sans issue, sa vie ne semble avoir aucune perspective. Voilà sans doute pourquoi il décide d’embarquer son fils, âgé de 13 ans, pour une longue virée de plusieurs mois dans une cabane perdue, au centre d’une ile désolée, Sukkwan Island, état de l’Alaska. Mal préparée, le bivouac, après avoir connu quelques avaries de départ, tourne carrément au cauchemar. Un cauchemar à l’opposé total de ce que Jim avait prévu, si tant est qu’il ait prévu quoi que ce soit.
C’est au Festival International du Roman Noir de Frontignan de cette année 2011 que nous avons entendu parlé de Sukkwan Island et par extension de David Vann – oui, certes une telle introduction quand on se dit chroniqueur littéraire plutôt attiré par le roman noir, peut faire douter de ses capacités. Le garçon était présent, on a cherché à savoir de quoi parlait son roman avant de voir si on y consacrerait une partie de nos défraiements, et puis on s’est laissé raconter dans les grandes lignes ce premier roman, déjà largement félicité l’année précédente, primé qui plus est. Vous savez comment ça se passe, y en a toujours un qui a l’art de vous tourner ça comme un joli macramé, bref avant même d’avoir acheté Sukkwan Island, on projetait surtout d’en faire cadeau à nos proches pour un anniversaire, une retraite ou un baptême.
Bon, on a vite déchanté.
Attention, Sukkwan Island n’est pas du tout un mauvais livre. C’est juste un livre à déconseiller. Si l’on prend en considération que les temps sont plutôt durs, que 10 à 12% de la population de ce pays vit en dessous du seuil de pauvreté, que c’est tellement la merde partout qu’on a l’impression qu’un plombier démoniaque nous a tous greffé la conduite des chiottes directement sur le cortex, alors on se dit qu’on a bien fait de ne pas acheté la pile du premier roman de David Vann, même si David Vann est un garçon sympathique et avenant. Franchement, y a de quoi se carré le tuyau du gaz au fond de la gorge.
Plus sérieusement, ce bouquin fait un mal de chien. Divisé en deux parties, l’une racontée dans les pas du fils, l’autre dans les bottes détrempées du père, cette histoire possède tous les mérites d’un grand récit. Il y a du Jack London là-dedans, mais un Jack London incapable de faire un feu. Il y a aussi du Hemingway, mais du Hemingway trop torché pour raconter autre chose que ses delirium tremens. Il y a une sorte d’épique américaine mais qui dégoulinerait d’un radiateur mal fermé. Voilà dans quoi Vann nous noie avec un talent notoire, et ce en à peine deux cent pages.
Alors bon, on vous aura prévenu : Sukkwan Island est vraiment un bon bouquin, mais si on peut vous donner un conseil, c’est de le lire avec une fiole de poppers à portée de la main.
Sukkwan Island
Roman américain de David Vann
Traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski
Gallmeister – 2010 – 191 pages
Potentiel de la compile vintage
Une pinte de Bruen 2
Ken Bruen

Décidément, le Labo va mal. D’un, ici personne n’a jamais lu Bruen. De deux, on apprend la réédition avant l’été d’une anthologie des premiers écrits de Bruen et on se la fait envoyer en se disant qu’il y a un début à tout. De trois, on se rend compte que c’est le 2ème volume et que le premier est moitié disponible. Donc on lit et on piaffe.
Si l’on en croit la 4ème de couverture – qui n’est ni plus ni moins que la profession de foi d’un bon VRP couchée sur du papier cartonné – Ken Bruen du temps de ses débuts, c’était un peu comme Van Gogh, il fourguait ses textes en échange d’une plâtrée de haggis et de quatre ou cinq verres de stout. Bon, bref, dans la suite de la légende, on se dit que Fayard Noir, on ne sait pas très bien comment, a dû refaire la tournée des popotes que fréquentait Bruen en ces années sombres, faire état de ses prérogatives d’éditeur et mander qu’on lui rendit sur le champs lesdites œuvres enfin que Mr Compil joigne tout ça en deux ou trois volumes à destination des convertis et des impétrants.
Du coté du Labo – où il semble que sous peu, un bon recrutement permettra de palier aux manques de cultures décidément de plus en plus affirmés – on ne connaissait pas Bruen autrement que de nom, et encore moins ses premières œuvres, alimentaires donc. Et bien c’est pas mal du tout. Evidemment, il ne nous était pas permis d’en douter, mais tout de même.
Drames sociaux, histoires de couples, micros enquêtes, Bruen ne se destine pas à la littérature noire mais il y tend lentement, se rétracte, y revient, bref nous ballade en quatre romans courts ou novelas. Avec un art du dialogue, une capacité à la description humoristique de situations sombres et une plume surprenante. On est resté perché longtemps.
Le cinéma s’intéresse de plus en plus à Bruen, il est donc temps de découvrir les racines d’un type qui a l’air d’en avoir sous la pédale (ou comment faire une conclusion dans laquelle l’ignorance du chroniqueur n’est jamais démentie)
Une pinte de Bruen, vol.2
Compilation de 4 courts romans de Ken Bruen
Traduit de l’anglais (Irlande) par Simone Arous
Fayard Noir – 2006/2011 – 436 pages
Potentiel du stock de cartouches
L’homme de fer
de Jim Thompson

Au Labo, on a longtemps cru que Jim Thompson était le créateur de L’Homme de fer, la série policière néo-statique avec Raymond Burr et un fauteuil roulant de marque Topaz. Et bien, comme on l’a découvert cet été, on s’était complètement gouré : au lieu d’admirer la couverture, il fallait lire son dos. Et accessoirement l’intérieur.
Tout condamné qu’il soit à son fauteuil roulant où une balle mal ajustée l’a cloué il y a plusieurs années, Robert Dacier, atrabilaire mais talentueux commissaire de la police de San Francisco, se retrouve au centre d’une affaire copieusement complexe. Mark Sanger, son fidèle compagnon, est accusé d’avoir tué un homme à la seule force des ses poings. Or, Mark est un ancien champion de boxe et tout concourt à croire qu’il a usé de sa force volontairement pour terrasser cet homme qui venait de l’agresser. Heureusement, l’équipe d’enquêteurs de Dacier est plus que jamais soudée pour dénicher la vérité, quel qu’en soit le prix.
Donc, que les choses soient claires tout de suite : il existe dans notre entourage des personnes à qui nous avons involontairement raconté des âneries et c’est en priorité à elles que nous présentons des excuses. Non, Jim Thompson n’a pas créé L’homme de fer. Voilà. L’erreur vient du fait que nous avons, il y a quelques années, massivement investi dans les œuvres complètes de Thompson et que nous les lisons une par une, parcimonieusement, de temps en temps parce que le stock n’est pas inépuisable et qu’il ne nous reste plus que quelques cartouches. Et il y avait cet Homme de fer avec la gueule de Raymond Burr sur la couverture d’époque de chez Rivages/Noir. On en a vite déduis, sans même jeter un œil à la 4ème, que le maître avait fait naître Bob Ironside, qu’il en avait vendu les droits à la télé et qu’il s’était retrouvé à la tête d’un succès international. Bon, soit, il n’est nullement fait mention de ceci dans les deux autobiographies que nous avons lu, mais après tout qu’importe : aux innocents les mains pleines.
Non, la vérité est bien plus prosaïque : sur le thème de « faut bien crouter avec ce qu’on a », Thompson, qui a toujours plus ou moins avalé sa ration de vache enragée, pond en 1967 une novélisation d’un épisode de L’homme de fer pour les éditions de la chaine MCA, diffuseurs du feuilleton. Voilà.
La question est de savoir si ça a un quelconque intérêt. Pas forcément ou alors totalement : malgré ce que prétend la 4ème, Thompson se perd derrière le poids mort du personnage et l’histoire convenue. N’étant maître ni de l’un ni de l’autre, on perçoit une certaine docilité pour le commanditaire et beaucoup d’égard pour la classification des protagonistes dans les deux cases bien et mal. Quand on sait quel genre d’inextricable purée Thompson pouvait fabriquer avec ces deux concepts solidement implantés dans le cortex de tout américain, on comprend ce que cet exercice a d’alimentaire. Alors on peut considérer qu’il est important de le lire.
L’homme de fer
Roman américain de Jim Thompson
Traduit de l’anglais (USA) par Thierry Marignac
Rivage/noir – 1994 – 192 pages
Potentiel du concours de la revue la plus spé(cialisée) …
Schnock

Alors que chaque mois paraît un nombre impossible de périodiques plus ou moins jetables et que tous ces rédacteurs semblent peu se soucier de leurs potentiels de vente, voici que surgit en juillet, Schnock, la revue des Vieux de 27 à 87 ans, avec Jean Pierre Marielle en couverture. Vendeur et succès.
Bon, disons les choses telles qu’elles sont, Schnock, dans sa catégorie de revue construite autour d’une thématique extrêmement serrée, fait mouche à presque chaque article. Le principe est simple : il est mondialement reconnu que la France est une contrée peuplée de fins praticiens de la râlerie. Oui, nous sommes de solides bouffeurs ; oui, nous sommes des artistes ; oui, nous savons transformer le raisin en pinard de haute volée et, oui, nous avons eu De Gaulle et de Villepin, mais au-delà de tout, nous sommes d’exceptionnels râleurs.
Râleurs arqueboutés sur des valeurs dont certains aiment à dire qu’elles sont largement dépassées, donc râleurs féroces. Des Schnocks. Ces Schnocks, n’en déplaisent à bien des branchés, sont une partie constituante de l’identité française donc ils ont désormais leur revue, comme dans les années 70, les hommes à rouflaquettes et costume de velours avaient leur Lui mensuel.
Schnock est avant tout un ouvroir. Mené tambour battant par le talentueux Christophe Ernault, auteur de roman et fondateur du groupe Alister, cette… chose à couverture orange et Marielle en posture fiérote réussi une belle prestation. Elle est évidemment drôle. Le dossier sur l’acteur le plus représentatif de la râlerie conservatrice un rien anar de droite est un bijou de précision médicale : tout y est dépiauté, de la filmo du grand Jean-Pierre à l’analyse à postériori de son œuvre au long d’un entretien magnifique d’humour vachard. Viennent ensuite plusieurs entrées dont un autre grand dossier sur une autre figure de cette France qui résiste à la morose modernité: « Comment j’ai raté mon interview d’Eddy Mitchell ». On trouve en vrac un papier sur Stéphane Collaro, Pif Gadget, Cizia Zike, Claude Puterflam, Kouchner à l’époque d’Actuel… Bref, une sorte de bottin antimondain copieusement torché à quelques exceptions anecdotiques prés.
Alors comme pour chaque revue se pose le problème de la suite. Visiblement, Schnock est un semestriel, mais l’équipe d’Ernault a-t-elle dores et déjà bousillé son été à penser le sommaire de janvier? Non, parce que plus une revue est spécialisée, plus par définition elle restreint le champ des possibles. Et pour arriver au niveau de cet excellent n°1, il doit falloir salement se curer le cortex. Bon courage.
Schnock
Revue semestrielle – N°1
La Tengo Editions – juillet 201 – 176 pages
POTENTIEL DU VOTE DEMOCRATIQUE

Oui, nous avons voté, au cours d'une réunion exceptionnelle. Ce vote a suivi une constatation qu'il nous fallait faire, puis fêter: au bout de trois ans d'exercice, nous atteignons en ce mois de juillet 2011, les 10 000 lecteurs. C'est donc avec un soulagement immense que nous avons tous voté, à l'unisson, et ce qui est ressorti de ce scrutin, à la majorité absolue moins deux voix (du coup ces deux-là jouerons les concierges pendant deux mois, arroseront les plantes et nourriront les rats du labo), c'est un mot dont nous avions tous oublié le sens.
Oui, chers lecteurs, en guise d'éditorial, ce que nous ne vous offrons pas cette semaine parce que c'est à nous que nous les réservons, ce sont des VACANCES.
Après, le premier qui rentre se remet au boulot, on est autonome, au PetLab.
Et si vous vous ennuyez, allez faire un tour ici, ça sent les embruns, l'iode et les tropiques.

Ceux d’entre vous qui nous côtoient régulièrement (pour peu qu’on soit régulier nous-mêmes) savent à quel point nous aimons les auteurs du grand n’importe quoi. On a ici maintes fois vanté les mérites de Tim Dorsey, Elmore Leonard, Donald Westake et consort. Ces deux dernières semaines de lectures le prouvent, il semble que la veine ne soit pas épuisée, pour notre plus grand contentement.
Voici donc, par un étrange accident de calendrier, un numéro spécial du PetLab, consacré à trois sorties et une vieille découverte particulièrement grisées par diverses substances. Pour le meilleur, évidemment.
Et un petit bonus qui fait plaisir au patron…
Donc, si on récapitule, nous avons au programme :
- Rouge gueule de bois, ou la rencontre de Fredric Brown et de Roger Vadim,
- La nuit du Jabberwock, de Fredric Brown précisément,
- Colère du présent, de Jean-Bernard Pouy, Arras commune libre,
- Sébastien Gendron se laissant interviewer fièrement par un canard gauchisant de la région PACA.
Si tout va bien, on se revoit bientôt…
Potentiel des rencontres anachroniques
Rouge gueule de bois
de Léo Henry

Du grand n’importe quoi élevé au rang de littérature, on en connaît un bout au PetLab. Mais là, on doit avouer que la claque est sévère. Léo Henry brasse une histoire totalement dézinguée avec une écriture raffinée qui file des crampes abdominales.
Juillet 1965 : alors que Buzz Aldrin s’apprête à poser le pied sur la Lune, que la guerre de Corée s’enlise dans la boue marxiste et que la fin du monde est proche, l’écrivain de science-fiction Fredric Brown rencontre le réalisateur Roger Vadim dans un bar de Tucson, Arizona. Autour d’une partie d’échec, nait alors l’idée d’un crime parfait. Mais la route des deux camarades de picole ne s’arrêtera pas là. Ce serait trop simple. Extraterrestres, Barbarella, zombies, surfeurs, guérilleros et baba-cools vont se dresser sur la route que poursuivent l’auteur et le cinéaste, en évitant les ornières qui peu à peu deviennent des trous noirs qui dévorent tout.
Oui, vous avez bien lu : 1965, premier homme sur la Lune, guerre de Corée. Ce qu’il y a d’étonnant dans la construction de ce livre, c’est qu’au moment où, joints entre eux, ces trois éléments nous sautent aux yeux comme une impossibilité absolue, un anachronisme semblant avoir échappé à la correctrice, à l’éditeur et aux commerciaux, l’histoire bascule dans le grand n’importe quoi. Là, on accepte le contrat ou pas. Mais au vu des capacités stylistiques de ce Léo Henry issue de la BD, c’est difficile de renoncer.
D’abord, il y a la phrase ampoulée, diablement, faites de redondances énormes, quelque chose que n’aurait pas renié un Desproges. Des paragraphes délicieux qui vous font vous gondoler dans votre banquette de TGV et vous permettent de filer un coup de coude dans les côtes de votre voisin qui beugle dans son téléphone depuis le départ. Ensuite, il y a le récit lui-même, sorte de fourre-tout post hollywoodien décadent, entre le delirium tremens, l’hallucination droguée et le situationnisme littéraire. Tout y est. L’Amérique de Kerouac rencontre celle d’Hunter S. Thompson, Russ Meyer, Monte Hellman et Ed Wood, l’apocalypse des branleurs rencontre la déchéance des grands de la défonce, Selby Jr et Burroughs. On roule dans de grosses cylindrées en avalant des hectolitres de cocktails savamment dosés, on ne sait plus où on va, on a des accidents en écoutant les délires cosmogoniques de Robert Zimmerman sur WKRP. Et le lecteur de s’accrocher au porte-bagages et d’attraper au vol une bouteille de Tanqueray jetée par dessus bord au hasard d’un canyon.
Mais si ça n’était que ça, on apprécierait en restant un peu sur notre fin. Or la fin est magistrale. C’est le summum dans les romans sous perfusion. Palahniuk y réussissait en son temps, Ellis tient toujours la route. Henry s’en tire très bien. On espérait ne pas se retrouver au sortir d’un rêve cauchemardeux, on est servi. Les dernières pages, si elles s’apaisent, rompent avec l’humour ravageur des précédents chapitres, n’en est que plus saisissante, tirant presque les larmes.
Et puis, surtout, et ça c’est le bâton de dynamite sur le gâteau, Léo Henry nous propulse dans l’univers délirant d’un auteur dont ici, sur les paillasses, nous ne savions rien, pauvres incultes : Frédric Brown, écrivain d’un nombre incalculable de nouvelles et de romans que nous découvrons cette semaine même avec La nuit du Jabberwock, l’un de ces récits les plus emblématiques, aux dires de notre libraire.
Pour finir, citons le talent des éditions La Volte qui fabriquent là un très beau livre à la couverture splendidement surannée qui nous rappelle une époque où la jaquette était un art.
Rouge gueule de bois
Roman français de Léo Henry
La Volte – 2011 – 333 pages
Potentiel de l’autre coté du miroir
La nuit du Jabberwock
de Fredric Brown

Inutile de le repréciser, une bonne partie des laborantins de notre équipe voue un culte total aux auteurs branques. Et aucun n’avait jusque là eu connaissance de l’un des pionniers en la matière : Fredric Brown. Après la lecture de Rouge gueule de bois, c’était donc l’occasion de partir à la découverte de ce type aussi frappé que les verres qu’il ingérait par douzaine.
Doc Stoeger est le fondateur, actionnaire majoritaire et rédacteur unique du Carmel City Clarion, le seul journal local de cette petite bourgade tranquille de l’Illinois, à quelques encablures de Chigago. Chaque semaine, Doc s’échine à remplir sa feuille de choux de divers faits prenant place à Carmel City. Mais la ville est aussi vivante qu’un hameau de la Creuse, alors Doc dépérit, s’enivre dans le troquet du coin en espérant de tout son cœur qu’un jour peut-être, il adviendra ici un drame qui fera la richesse de son journal. C’est évidemment ce qui va arriver dans cette nuit de jeudi à vendredi où, en quelques heures seulement, Doc sera témoin du braquage d’une banque, enlevé par deux dangereux gangsters, plongé dans un étrange complot et finalement accusé de la mort d’un policier et d’un chef d’entreprise.
Nous avons rencontré Fredric Brown dans le délirant Rouge gueule de bois de Léo Henry dont il est question plus haut. Visiblement, Brown était une sorte de fou furieux, truffant ses romans de SF et ses intrusions dans la littérature policière de digressions délirantes. Ca a immédiatement résonné, on s’est donc jeté sur le premier qui passait, et voilà. La nuit du Jabberwock.
Ce n’est peut-être pas le plus fêlé des romans de Brown, mais en terme de construction, ça tient sérieusement la route. Le bonhomme était avant tout un grand feuilletoniste. Si, cette Nuit est emplie de chausses trappes et qu’on comprend vite que l’intrigue ne tient qu’à quelques fils savamment tendus, il n’en reste pas moins un talent impressionnant pour la fin de chapitre en cliffhanger. C’est quoi, le cliffhanger ? Ben, c’est littéralement l’histoire du type accroché du bout des doigts à une falaise, avec cent mètres de vide sous lui et qui, perclus de crampes, s’apprête à lâcher juste au moment où le chapitre s’interrompt. Oui, Brown est un maître du genre. Et comme tout bon maître du genre, il fait monter la sauce, nous abandonne dans une situation qui paraît inextricable et au chapitre suivant rétablit la situation in extremis pour nous rebalancer dans une nouvelle intrigue, encore plus prenante.
Ici, son personnage est un connaisseur émérite de Lewis Caroll et de son œuvre, doublé d’un joueur d’échec éminemment réfléchi (tout alcoolique soit-il). La nuit du Jabberwock est donc construit comme un damier où Doc va devoir étancher sa soif tout en contrant un ennemi qui l’enfonce dans la pire des aventures d’Alice au pays des merveilles, celle de sa suite directe, plus sombre, Alice de l’autre coté du miroir.
Roman à tiroir, à intrigue, ce Jabberwock refermé, nous allons filer sur son autre polar paru chez Rivages/Noir, La fille de nulle part.
La nuit du Jabberwock
Roman américain de Fredric Brown
Traduit de l’anglais (USA) par France-Marie Watkins
Rivage/Noir – 2007 – 239 pages
Potentiel du nudisme en milieu hostile
Colère du présent
de Jean-Bernard Pouy

Le Salon International du Livre d’Expression Populaire et de Critique Sociale d’Arras fêtera le 1er mai prochain sa dixième édition. Jean-Bernard Pouy se fend donc d’un court roman dans lequel il imagine qu’à la fin de la manifestation, les participants refusent de quitter le terrain et décident d’édifier la Commun Libre d’Arras, comme au bon vieux temps…
Arras, 1er mai 2011 : alors que la dixième édition du salon Colère du présent ferme ses portes, les festivaliers décident de faire le siège de la ville dans laquelle ils veulent instaurer la Commune Libre si chère à Louise Michel et Auguste Blanqui. Réponse immédiate de l’Etat, les chars de l’armée encerclent les manifestants retranchés derrières des barricades. Chargé de diriger l’assaut, le Général Marc de la Villardeuse tente d’entrer en contact avec les insurgés afin d’en savoir un peu plus sur leurs revendications. Seul moyen de le faire : y aller nu. Les convictions belliqueuses de la gente militaire vont en prendre pour leurs grades.
Un bon grand Pouy disons-le tout de suite. Le grand oncle du polar français n’est jamais aussi bon que quand il revient à ses premières amours : foutre le boxon dans les idéologies, détourner les pensées anarchisantes, faire merder l’autorité en la phagocytant comme un ténia. Il y a tout ça dans Colère du présent, il n’y a même que ça. L’affrontement entre le casque et ce qu’il y a en dessous.
Si vous n’avez jamais fait un 1er mai à Arras, c’est le moment de fourbir vos sacs et d’aller là-bas fêter les 10 ans de la manifestation. On n’en comprend que mieux le récit de Pouy. Une seule journée a errer dans une ville laissée aux mains créatives des gauchistes de toutes obédiences (enfin, plutôt très éloignés du centre), c’est forcément court. On a envie de rester sur place, poursuivre la dégustation des merguez-frites et parler pendant des heures de ce qu’il faudra faire. Or, là, Henry Fonda et ses potes le font pour nous. Mais en beaucoup plus déterminés, derrière les barricades. Se croisent alors les portraits de ces combattants libertaires et de leurs opposants directs, une armée professionnelle qui se demande s’il faudra, à un moment ou un autre, tirer sur les frères.
Riche idée au centre même de l’intrigue : pour négocier avec les révoltés, il faut allez les rencontrer dans le plus simple appareil. On assiste alors à un grand moment littéraire et héroïque, le Général en poste à Arras quittant l’habit pour remonter seul l’avenue vers le camp adverse « son sexe, impressionnant, bat contre ses cuisses à chaque pas. » Marc de la Villardeuse, Chef d’Etat Major fonctionnant à la méthédrine que lui prépare Cyprien, son factotum; Jean-François Muller, capitaine envoyé au front découvrir les richesses de la vie libre ; Sébastien Tendron, le Colonel qui ne se pose guère de question jusqu’à ce que ; le Lieutenant Colonel Deuppe, chef du renseignement… Au delà de la private joke et de la bonne déconnade, Colère du présent est aussi un hommage à la pensée humaniste capable de s’instiller jusqu’au plus dur des cortex. Roman de l’utopie. C’est du Pouy, ça se mange sans fin.
Colère du présent
Roman français de Jean-Bernard Pouy
Editions Baleine – 2011 – 188 pages



